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Des solutions pour adapter le poste…

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Une étude ergonomique a été sollicitée par le médecin du travail d’une agence parisienne Matmut. Cette étude concerne le poste d’un salarié, conseiller en assurances, employé en alternance depuis septembre 2017 au sein de l’agence. Il est titulaire d’une Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) dont l’entreprise est informée. Il travaille à temps plein, une semaine sur deux de 9h15 à 17h15 (avec une heure de pause déjeuner) en doublon avec sa collègue conseillère en assurances. Ils sont installés tous les deux sur un poste de travail pour mener leurs différentes activités : phoning, accueil physique, saisie informatique, gestion des dossiers, etc. Son activité s’opère essentiellement sur un écran de visualisation. Il faut préciser que la position assise fige la posture, davantage encore dans un travail de bureau car les équipements utilisés sont fixes. Et il s’avère que le salarié éprouve un certain inconfort postural à son poste de travail… En effet l’inadaptation de certains éléments, notamment au niveau de l’équipement, génère des contraintes posturales qui occasionnent des difficultés dans la réalisation de son activité et sont susceptibles d’engendrer, à terme, des conséquences délétères sur sa santé. L’objectif de l’intervention sur le lieu de travail est de proposer des recommandations relatives à son poste, dans une perspective globale d’amélioration des conditions de travail et de préservation de la santé. Retour d’expérience. 

A retenir…

Le travail sur écran impose une posture statique pendant de longues heures. Les positions mal adaptées maintenues dans la durée participent à l’apparition de troubles musculo-squelettiques (TMS)…

3 questions à Olivier DUFOUR, Responsable de la Mission « Matmut pour le handicap »

« Des échanges simples, fluides et constructifs… »

Agir Mag : Comment avez-vous collaboré avec votre Service de santé au travail ?

Olivier Dufour : Une collaboration active avec notre SSTI, une bonne connaissance des métiers et de l’activité de l’entreprise mais aussi de l’environnement sont indispensables à la bonne intégration d’un collaborateur en situation de handicap à son poste de travail. La visite médicale préalable à l’embauche est l’occasion pour le médecin du travail d’appréhender les conséquences de l’état de santé du collaborateur au regard du poste de travail. Il nous a fait part des préconisations à prendre en compte pour permettre au salarié d’exercer son activité professionnelle dans de bonnes conditions.  Au-delà, la mise en situation réelle du salarié doit aussi nous permettre de mettre en œuvre les compensations adaptées, équitables et raisonnables. Dans le cas présent, un premier échange a eu lieu pour affiner les recherches de solutions. Une fois en poste et après avoir « vécu » son quotidien professionnel, notre collègue a pu identifier d’autres besoins nécessaires pour optimiser son installation. Afin de nous assurer de répondre au mieux aux besoins exprimés, nous avons convenu avec le médecin du travail de demander l’intervention d’un ergonome. Le contact s’en est suivi rapidement afin de convenir des modalités de visite de poste, d’organisation... Les échanges ont été simples, fluides et constructifs.

AM : Qu’avez-vous mis en place ? 

O.D : En premier lieu, nous avons mis en place des échanges réguliers avec le collaborateur en poste, sa direction et notre délégation RH parisienne pour un suivi des aménagements et des compensations. Ces aménagements se font progressivement dans le respect de nos procédures internes, pour tenir compte des délais de traitement mais aussi parce qu’une instruction technique associée à des tests peut être nécessaire. Ensuite nous avons équipé le poste avec du matériel adapté : un casque, un clavier fin et plat, une souris verticale, un fauteuil ergonomique, un pavé numérique ultra fin…

AM : Quel résultats en retirez-vous pour le salarié ?

O.D : Chaque situation est appréciée et accompagnée par une équipe pluridisciplinaire et en lien direct avec la direction opérationnelle dans laquelle le collaborateur va exercer son métier. L’objectif est de donner la possibilité à l’un de nos collaborateurs d’exercer son activité avec les équipements nécessaires au bon déroulement de son activité. Notre collègue a fait part de sa satisfaction sur l’équipement qui a été mis en place. Mais au-delà de l’aménagement « matériel », il est mené un véritable accompagnement tutorial et managérial visant l’acquisition des connaissances techniques et juridiques indispensables à la validation de sa formation pour lui permettre, à terme, d’exercer le métier de conseiller en assurance.

Amandine Dubois, Ergonome au CMIE

« Les meilleures conditions possibles »

« Des pistes de solutions techniques ont été proposées afin que le salarié puisse exercer son activité dans les meilleures conditions possibles. Les préconisations sont de mettre à sa disposition : 1) Une souris avec un appui vertical permettant de diminuer les contraintes liées à l’utilisation d’une souris classique au niveau de l’avant-bras ; 2) L’utilisation d’un clavier le moins épais possible afin d’éviter une extension importante et prolongée des poignets, facteur d’apparition du syndrome du canal carpien ; 3) Le port d’un casque téléphonique/oreillette monaural et sans fil pour maintenir une posture droite et donc mettre fin à de nombreuses douleurs articulaires dues à une utilisation quotidienne du téléphone, mais aussi favoriser la liberté de mouvements. La mise en place de ces aménagements permettra de réduire les contraintes posturales inhérentes à la réalisation de son activité, en partie induite par les équipements inadéquats ou mal ajustés, et contribuera ainsi à l’amélioration des conditions de travail du salarié. Nous lui avons également transmis en situation des conseils relatifs à son positionnement ».

En bref…

Tout type de travail imposant aux salariés de rester dans la même position pour de longues périodes provoque des phénomènes de fatigue. Les positions mal adaptées maintenues dans la durée participent par ailleurs à l’apparition de troubles musculo-squelettiques (TMS).

Source : Agir Magazine 76

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