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Témoignage entreprise adhérente

La santé, une valeur socle  : le gérant de l atelier Punchinello témoigne


Entreprise d’excellence, cet atelier de soclage* parisien fait preuve de la même exigence quand il s’agit de la santé des trois artisans qui y travaillent.
Elles sont moins de dix entreprises, en France, à s’être spécialisées dans cette activité : le soclage d’œuvres d’art. Parmi elles, l’atelier Punchinello, installé depuis 1985 dans le quartier du Marais, à Paris. C’est grâce à lui, notamment, que les visiteurs des musées peuvent admirer masques anciens, objets ou créations contemporains fixés sur des supports, en bois et métal, conçus spécialement pour mettre en valeur l’œuvre. Trois personnes travaillent dans l’atelier (dont le chef d’atelier), en sous-sol, tandis que la galerie d’art, installée en rez-de-chaussée, emploie une salariée. Dans la deuxième moitié de l’année 2016, Jacques Lebrat, fondateur et gérant de l’entreprise, a reçu à deux reprises la visite d’un intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP) du CMIE. L’occasion de faire le point sur un métier rare, celui de socleur, et sur les conditions de son exercice.


(*un socle est une structure conçue et réalisée pour soutenir, présenter et mettre en valeur un objet quelle que soit sa forme ou sa taille).

Interview : Jacques Lebrat, gérant de Punchinello

« Sensibiliser les jeunes salariés ».

Comment meniez-vous la prévention des risques dans votre atelier, avant cette action ?
J’ai toujours été attentif à plusieurs points, auxquels j’ai été sensibilisé au fil de mes trente années de métier : le port des gants pour éviter les risques de coupure, des lunettes pour se protéger des projections de particules métalliques, du casque pour les nuisances sonores (même si elles sont plutôt réduites dans l’atelier), du masque pour se protéger des poussières. Je prête également attention aux postures, surtout quand on manipule des pièces relativement lourdes (entre 5 et 15 kg). Enfin, je n’ai jamais équipé mon atelier de deux machines qui me semblent trop dangereuses, et toujours pas dotées de protections adaptées : la toupie et la scie circulaire.

Quel est votre principal défi ?
Pour moi, le plus compliqué est de sensibiliser des jeunes d’à peine 20 ans aux risques d’un métier, qu’ils ne connaissent qu’en théorie en sortant de l’école. Il faut ensuite au moins cinq ans d’expérience pour qu’ils le maîtrisent dans la pratique. En les formant, j’essaie aussi de leur faire comprendre l’importance de respecter les principes de sécurité. Pour eux, qui ne se sont jamais blessés et ne souffrent pas encore de maux liés à l’exercice du métier (comme le mal de dos), il s’agit davantage de contraintes. Pour leur expliquer l’importance de la prévention, il n’y a pas de miracle : il faut répéter et répéter encore les choses.

A l’inverse, quels sont les points forts sur lesquels vous appuyer ?
De par la taille de l’entreprise et son histoire, un vrai esprit de famille rassemble les salariés. Il participe à renforcer l’écoute et l’entraide, indispensables pour une prévention efficace des risques.

Que vous a apporté cette action ?

Elle m’a permis d’améliorer plusieurs points. Avec l’intervenant du SSTI, nous avons revu certaines postures, par exemple celle d’un salarié qui avait l’habitude de travailler avec les bras en l’air, ce qui peut induire des risques cardiaques. J’ai par ailleurs changé de place la machine à café afin qu’elle ne soit plus située en zone de pouissières. Cela m’a aussi fait penser à vérifier les dates de péremption des collyres et du contenu de la trousse à pharmacie. Enfin, j’ai fourni, à la suite de ces visites du Service de Santé au Travail, les éléments nécessaires à l’analyse des produits utilisés dans l’atelier. Essentiellement des solvants (essence A), cire, patine pour le métal et vernis. Je m’étais déjà questionné sur les risques liés à certains produits, notamment après avoir développé de l’asthme. Cette analyse va compléter cette première démarche. Par la suite, j’envisage éventuellement une étude sur la ventilation et le système de l’extraction de l’atelier…

www.punchinello.fr

Témoignage de Nicolas BALAGNE, Intervenant en Prévention des Risques Professionnels au CMIE

« Expliquer notre démarche d’accompagnement ».

« J’ai, dans un premier temps, pris contact par téléphone, avec M. Lebrat, pour organiser une visite dans l’atelier à la demande du médecin du travail (connaissance du poste de socleur et des risques professionnels). Lors de ce premier entretien, je lui ai présenté l’équipe pluridisciplinaire et mon rôle en tant qu’IPRP. Je lui ai également présenté nos actions auprès des adhérents, notamment en faveur des petites entreprises. Puis je me suis rendu une première fois dans l’atelier. Ce rendez-vous a permis une formalisation de la fiche d’entreprise et la récupération d’une copie des Fiches de Données de Sécurité (FDS) des différents produits utilisés par les salariés. Lors de cette première visite, des conseils ont été donnés dans un but d’améliorer la démarche engagée par l’employeur. L’accent a été mis sur certaines préconisations, notamment l’utilisation et la vérification périodique du système de captation et d’extraction des polluants dans l’atelier. De même que l’utilisation des équipements de protection individuels (EPI), par exemple en rappelant le bon usage des masques à cartouches. La seconde visite, à laquelle a aussi participé le médecin du travail, a été consacrée à l’accompagnement spécifique pour la réalisation du Document Unique. Cette action a été positive, notamment car le gérant était pleinement impliqué dans la démarche et disposait déjà d’une solide culture sécurité. »

Sources : Agir magazine n°69 - mars 2017

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